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16 juin 2010

Police et gendarmerie : Des cybercriminels au sein des effectifs

In Le Nouveau Courrier N°020 du Mercredi 16 juin 2010 par Emmanuel Akani

« La cybercriminalité est dangereuse et il faut la sanctionner de façon très sévère pour dissuader ses acteurs », prévient un expert de l’ATCI qui interpelle les pouvoirs d’Etat sur la nécessité d’agir avec célérité.


Le conseiller technique du directeur général de l’Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI) chargé des NTIC, M. Abraham Djekou a fait des révélations de taille, hier mardi à l’hôtel communal de Cocody, concernant la lutte contre la cybercriminalité. Invité de la tribune des débats du cinquantenaire, il a indiqué que les investigations du système de veille mis pied par l’ATCI, dénommé Côte d’Ivoire computer emergency response team (CICERT), porte des fruits. Les actions du CICERT, qui travaille en étroite collaboration avec la police scientifique, ont surtout permis de montrer que des agents des forces de l’ordre sont impliqués dans ce phénomène. Certains d’entre d’eux ont été formellement identifiés. «La police nationale sait qu’elle a en son sein des gens qui profitent du phénomène de la cybercriminalité. L’ATCI est très impliquée dans la lutte contre cette forme de criminalité. L’équipe de la police scientifique avec laquelle nous travaillons joue pleinement son rôle. Ces agents font correctement ce qu’ils ont à faire. Dans certaines opérations, ils ont été confrontés à des situations difficiles. De façon technique, nous avions localisé des cybercriminels et ils se sont rendus sur le terrain pour appréhender ces auteurs d’actes répréhensibles. Il s’est trouvé que parmi les gens qu’ils devaient appréhender, il y avait des agents de police. Même des gendarmes. Dans deux cas au moins, il y avait des gendarmes parmi les cyberescrocs», a expliqué le conseiller du DG de l’ATCI.

Ivoiriens et Nigérians en tête

Les actions menées par le CICERT en six mois ont abouti à l’emprisonnement de plus de 70 cyberescrocs. La structure qui a débuté ses activités a débuté ses activités en juin 2009 a enregistré en décembre dernier 950 cas de dénonciation. Sur 37 « brouteurs » interpellés, 37 ont écopé de peines de prison allant d’un mois à 3 ans fermes. Pour des infractions portant sur un volume d’affaires estimé à 10 milliards de FCFA. 56% de ces criminels sont Ivoiriens ; contre 26,3% de Nigérians ; 6,6% de Togolais ; 2,6% de Béninois, Burkinabé, Camerounais et Maliens. Cocody (46%), Yopougon (18,4%), Koumassi (14,5%) et Port Bouët (10,5%) sont les communes où ils résident en majorité.

La nécessité d’un dispositif juridique efficace

S’il se satisfait des résultats obtenus en si peu de temps, M. Abraham Djekou est convaincu que pour une meilleure efficacité dans la lutte contre la cybercriminalité, il faut une réelle volonté politique. Celle-ci devra se traduire par le renforcement du dispositif juridique, des textes de loi mieux adaptés et plus efficaces contre ce phénomène. Mais aussi et surtout la création de structures nationales dotées de moyens importants pour la lutte contre la cybercriminalité. Cette lutte passe également par la prise de textes dont la plupart sont sur leurs tables, visant à rendre obligatoire l’identification des usagers des cybercafés et des détenteurs de puces de téléphones mobiles. A ce sujet, sur un total de 13,4 millions d’abonnés, seulement 10% de clients ont été identifiés



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